Ascension -B- 10 mai 2018 (TM)

Ascension

Le ciel s’était ouvert. Il s’était élevé, il avait disparu. Et nous regardions le ciel. Et nous nous sommes dit : « C’est là qu’il faut aller. Il n’y a que le ciel qui compte ».
Et nous avons prié, suivi les commandements, pour être sûrs d’arriver. Et nous avons marché, les yeux fixés au ciel.
Mais quand on regarde en l’air, on ne voit plus ceux qu’on croise, on leur marche sur les pieds. Ils deviennent des gêneurs qui ralentissent la marche.
Et c’est à ce moment-là qu’une voix se fait entendre  « Pourquoi restez-vous là à regarder Je ciel ?

Le ciel s’était ouvert. Il s’était refermé. On avait essayé de nous faire croire au ciel. Le rêve était fini. Et nous sommes repartis vers nos Jérusalem.
Et nous avons marché, les yeux rivés au sol.
Mais quand on fixe la terre, on se cogne aux obstacles et on courbe l’échine, l’horizon rétrécit et on ne voit pas plus loin le bout de ses souliers.
Et c’est à ce moment-là qu’une voix se fait entendre : « Le Seigneur reviendra ».

Depuis lors, jamais nous n’oublierons cette brèche dans le ciel.
Et nous repartirons et nous l’élargirons pour qu’elle crève le brouillard où vivent trop de gens, oubliés, exclus ou méprisés, injuriés.
Que s’éclairent des visages. Que les hommes se reconnaissent. Qu’ils cessent de se cogner dans leur obscurité. Qu’ils marchent côte-à-côte.
Car il avait dit, avant de s’élever : « Vous serez mes témoins ».

Louis Dubois

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