Homélie – 14 avril 2019

Ce dimanche, la célébration a été préparée par un groupe de paroissiens.
Ils ont animé la célébration par leurs textes et réflexions.
Ci-dessous, après une brève présentation de ce groupe, vous trouverez le texte du commentaire de l’évangile du jour.

Présentation du groupe de partage

Le groupe de Partage et recherche est un groupe d’une douzaine de participants environ qui se réunissent une fois par mois et dont le but est de chercher ensemble ce que les textes de la Bible ont à nous dire, comment ces textes nous parlent et nous interpellent pour donner sens à notre vie aujourd’hui.

Ainsi, à titre d’exemples, cette année nous nous basons sur un livre qui aborde la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (Philippe Mac Leod).
L’an dernier, nous partagions sur des extraits des textes d’évangile du dimanche avec Marion Muller-Colard. Avant cela, nous étions dans « l’Intranquillité » – ou, « la grâce de savoir être dérangé » – titre évocateur s’il en est !
Une autre année, Dominique Collin nous a invités à « mettre notre vie en paraboles ». Pour terminer ces exemples, mentionnons « l’Evangile de Thomas » (François de Borman) qui nous a marqué, surpris, étonné et fait réfléchir.

Si vous souhaitez plus d’informations sur ce groupe, n’hésitez pas à nous contacter.
07/04/2019

 
Commentaire sur le texte de la Femme Adultère JN 8,  1-11 
 
Imaginons la scène: 
Un nouveau jour se lève, durant toute la nuit Jésus s’est nourri de la parole de Dieu et c’est avec cette présence qu’il est à nouveau prêt à enseigner. 
Le peuple est là  devant le temple pour entendre cette parole juste et bonne. 
Soudain son enseignement est perturbé, les pharisiens lui amènent une femme qu’on a surprise en adultère. Ils la placent au centre du groupe.  
Ils défient Jésus avec le but indirect de se débarrasser de lui. Alors, de leur autorité, ils rappellent d’une voix forte la loi de Moïse (ces dix commandements gravés dans la pierre, immuables) et sans procès passent déjà à la sentence: « la lapidation ». 
Jésus alors se baisse,  se met à tracer avec ses doigts des traits sur le sol (qu’écrit-il, personne ne le sait mais ce qu’il écrit est susceptible d’être effacé, réécrit, adapté) 
Il agace d’ ailleurs les pharisiens avec cette attitude car ils continuent à lui poser des questions. 
Jésus calme le jeu, ne rentre pas dans la mêlée. Il prend du recul face à cette situation délicate.  Alors il se redresse pour donner de la solennité à sa réponse et il les renvoie simplement à leur propre contradiction « que celui de vous qui est sans péché lui jette le première pierre. ».  
Il faut savoir que dans la bible, l’adultère est un péché au même titre que l’orgueil, la convoitise, l’avarice… 
Aucun jugement n’est porté, ni sur cette femme, ni sur les pharisiens. 
Et chacun de ces pharisiens s’en retourne chez lui. 
Se tournant vers la femme, il la libère et l’invite à ne plus pécher.  
« Ne passe plus à côté de ce qui est important, l’amour, le respect de l’autre et ta dignité ». 
 
Ce qui est beau dans ce récit c’est l’attitude bienveillante de Jésus .  
La question des pharisiens va donner à  Jésus l’occasion de préciser les lignes de force de son message. Par son attitude, il refuse d’affronter ses adversaires, il ne veut pas les juger pour ne pas entrer dans leur jeu.  Il veut sortir de la logique d’accusation pour ouvrir le débat et conduire la rencontre au-delà du jugement. 
Devant un conflit, une situation délicate, le détachement, la sérénité sont des attitudes à prendre pour revenir à l’essentiel (les prémisses de la philosophie non violente sont déjà en place). 

Ayant participé plusieurs fois aux marches pour le climat, j’ai ressenti cette énergie  positive que ces jeunes dégagent en demandant pacifiquement aux autorités de notre pays et de l’Europe un changement et un engagement vis- à- vis de l’exploitation de notre planète. La société de consommation sans frein est un » péché » qui nous éloigne du respect de la création et des êtres humains d’aujourd’hui mais aussi  de demain . 
N’oublions pas que nous empruntons la terre à nos enfants. 
 
Ce qui me touche aussi très fort c’est le regard libérateur que Jésus porte sur  cette femme jetée en pâture à la face de tous. Les religieux, qui sont tous des hommes, ont du mal avec la gent féminine. Une femme adultère cumule tout ce qui fait fantasmer les hommes. Qu’y
 a-t-il dans le coeur des religieux pour qu’ils s’acharnent sur elle ? Car dans cette relation adultère ne faut-il pas être deux?  
Qu’est-ce que ça dit sur leur rapport au féminin? 

Je ne peux m’empêcher de faire un lien avec l’attitude des autorités romaines vis-à -vis des femmes et de la sexualité. Se passer de la parole de la moitié de l’humanité a conduit une partie de l’ Eglise à des déviances monstrueuses. 
Il y a 2000 ans, dans cette société patriarcale théocratique, Jésus était déjà très progressiste. A la femme adultère, à Marie-Madeleine, à la Samaritaine, à Marthe, à Marie et aux autres femmes qu’il rencontre, Jésus  leur dit qu’elles sont plus que leur rôle de maîtresse, d’épouse, de mère, de ménagère, mais des êtres à part entière, humaines et dignes, capable de paroles justes et bonnes. Pour en savoir plus je vous invite à lire le très beau livre de Christine Pedotti « Jésus l’homme qui préférait les femmes ». 
Ce livre donne une autre perspective et de la hauteur par rapport aux   problèmes actuels. 
Quelle serait l’attitude de Jésus aujourd’hui par rapport aux règles de l’Eglise?      
Faire du neuf, ne serait-ce pas d’inviter la femme à prendre place dans l’Eglise à l’égal de l’homme? 

Vinciane Rollin

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