Jean-Marc Mahy 13-02-2016

Le pape François a déclaré 2016 « année de la miséricorde ».  Jean-Marc Mahy

Miséricorde : un vieux mot qui, d’après l’étymologie, caractérise celui qui « a le coeur (cor) sensible au malheur (miseria) d’autrui ». Aujourd’hui, il est synonyme de « clémence, indulgence, pardon » (d’après le Petit Robert).

Pour donner une consistance à ce mot, la paroisse a invité Jean-Marc MAHY à venir nous parler de sa vie passée et présente. (voir REFLETS de Noël).
Cet ancien détenu a eu un parcours peu commun à cause de toutes les violences qu’il a  subies et à cause de celles qu’il a causées.

Dès le début, il affirme : « La violence appelle la violence. La violence est le bruit d’une souffrance qui n’est pas entendue. »

 

Petit garçon, il ne se sent pas aimé, il est livré à lui-même. Son parcours scolaire est difficile et sa vie chahutée. Adolescent, il est attiré par une bande de jeunes qui l’amènent à faire un cambriolage.

Ca tourne mal, il tue un octogénaire involontairement. Lui, il a 17 ans.

Il entre en prison en 1984. Deux ans plus tard, il s’évade, est arrêté pendant sa cavale au Luxembourg et il tue un gendarme, par accident. C’est la perpétuité.

Il est interné dans une prison au Luxembourg où, les 3 premières années, il restera en cellule d’isolement. Et il explique : mettre quelqu’un dans une cellule d’isolement, sans contact humain, sauf des coups, sans sortir (il est allé 2 fois au préau en 3 ans et encore, il était seul), c’est le pousser à la folie et dans un deuxième temps, l’amener à préparer son suicide. Il en est là, mais alors, il parle d’une expérience mystique vécue à ce moment : « On a le sentiment d’être tout seul, mais c’est le ciel qui descend ». Et il remonte la pente. Mais au point de vue physique et psychologique, les conséquences se font sentir.

En 1992, il est transféré en Belgique et là, il décide de faire des études. Il obtient des diplômes.

A 36 ans, il est libéré (en conditionnelle, d’abord).Après 19 ans de prison ferme.

 

Il a raconté son histoire en l’entrecoupant de détails sur la vie dans les prisons, sur les cellules d’isolement, sur les causes de la délinquance, ce qui amène des jeunes en prison, en IPPJ et les y ramène souvent une deuxième fois, sur le rôle des prisons, sur la réinsertion et les difficultés des sortis de prison, sur la politique du gouvernement en matière de justice…

 

Depuis sa sortie, il veut témoigner « pour que les jeunes ne connaissent jamais son expérience », « pour prévenir la délinquance et la violence », « pour donner un sens à sa vie et pour s’acquitter du solde de sa dette ». Il fait des études d’éducateur.

Il rencontre des jeunes pour les prévenir, les informer, il fait des conférences pour dire ce qu’est réellement la prison. Il travaille avec l’ULG, AMNESTY, etc.

Il joue au théâtre dans « Un homme debout » qui est le récit de sa vie.

Tout se trouve sur son site re-vivre.be

 

Soirée intense, et à certains moments, empreinte d’émotion.

Quelques questions encore, notamment sur les visiteurs de prison. Daniel Darimont, ancien directeur de la prison de Lantin est intervenu aussi.

Et enfin, les participants ont pu « entrer » dans une cellule de la prison de Lantin, reconstituée à l’identique, où 2 détenus en sont réduits à « tuer le temps », ensemble, 22h sur 24. Impressionnant.

 

C.F.

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